Chers amis.....
Avez-vous eu l’occasion de regarder l’émission : Les Médicamenteurs ? (rediffusion FR5 le 21 juin à 21h29 et le 2 juillet à 0h19) (J’ai déjà enregistré cette émission)
Si ce n’est pas le cas, regardez le. Mais avant, voyez d’abord cet excellent film :
La constance du jardinier. « The Constant Gardener » réveille les consciences Alors que la France détient le record du monde de consommation de médicaments, ce documentaire original enquête sur les pratiques de l’industrie pharmaceutique.
Un exemple concret vaut parfois mieux qu’une longue démonstration. C’est sur ce principe que cette enquête démarre son sévère réquisitoire contre les rouages de l’industrie pharmaceutique.
Un film bouleversant sur des tests de médicaments mortels pratiqués au Kenya par une firme pharmaceutique.
ATTENTION : âmes sensibles et consciences endormies, s’abstenir.
The Constant Gardener, le film de Fernando Meirelles inspiré du roman de John Le Carré, raconte
l’histoire tirée de faits réels d’une firme pharmaceutique qui a testé sur des Kenyans un médicament contre la tuberculose.
Un médicament qu’elle savait mortel, parce que pas encore au point.
Une tragédie que le réalisateur brésilien retranscrit parfaitement dans un film qui révolte, attriste, écoeure, mais qu’il faut absolument voir.
Effroyable, mais vrai. The Constant Gardener est actuellement à l’affiche dans les salles obscures françaises. Au départ, « La Constance du Jardinier », était un livre : celui de [John Le Carré->4864, publié en 2001. L’écrivain voulait dénoncer les activités criminelles d’une société pharmaceutique qui, au Kenya, testait un médicament contre la tuberculose sur des gens pauvres. Rien de mal a priori, si ce n’est que, pour éviter trop de dépenses, les tests ont été effectués alors que la molécule n’était pas au point. Et des gens sont morts. C’est ce drame qu’a adapté avec brio Fernando Meirelles, qui a tourné au Kenya, pays où le livre a été interdit apparemment par crainte de débordements.
Le casting d’abord : Rachel Weisz campe sublimement Tessa Quayle, la charmante fouineuse qui va découvrir ce que cachent les médicaments offerts par un laboratoire. L’actrice alterne à la perfection la pétillance lorsqu’elle se retrouve au sein de la population kenyane et la gravité au fur et à mesure que son enquête avance. Une enquête diplomatiquement dérangeante qui inquiète le haut-commissariat britannique, au courant des tests, qui mettra un contrat sur sa tête. Tessa sera retrouvée morte. Justin, son mari féru de jardinage dont le rôle est admirablement incarné par Ralph Fiennes, fera tout pour comprendre pourquoi sa femme a été tuée. Il remuera ciel et terre pour découvrir l’inhumaine vérité. Ralph Fiennes, qui s’était notamment distingué dans Le Patient Anglais d’Anthony Minghella, transmet avec talent le remord qui le ronge de ne pas avoir compris son épouse et de n’avoir pas su lire entre les lignes. Mais se reprendra avec détermination et courage afin de faire éclater la vérité au grand jour.
« Ces gens seraient morts de toute façon »
Le réalisateur brésilien Fernando Meirelles avait tout pour faire un bon film : une histoire poignante, des acteurs convaincants et une bande son qui n’a rien à envier à la beauté du reste. Restait à œuvrer pour captiver le spectateur et mettre en place une intrigue dynamique sans court-circuiter la force du message. L’auteur de l’excellent Cité de Dieu a réussi, en misant sur les flash-back, à tenir le spectateur en haleine et à laisser monter la révolte, la tristesse et l’écœurement. Surtout lorsque Sandy, un « ami » de Justin Quayle, explique que ces meurtres n’ont pas d’importance puisque, vu « le taux de mortalité », ces gens seraient morts de toute façon...
Encore plus révoltant quand on sait que cette histoire est vraie et qu’elle n’est sans doute pas la seule du genre. On en entend peu parler, mais les cobayes africains existent. Pas qu’Africains d’ailleurs. Les plus pauvres font les frais des pratiques criminelles de firmes qui veulent se faire de l’argent en mettant en danger la vie de ceux qui n’ont pas grand-chose.
The Constant Gardener est donc un film excellent pour montrer jusqu’où ceux qui sont sensés sauver des vies sont prêts à aller parce qu’ils estiment que toutes les vies n’ont pas le même prix.
Ensuite, voyez ou revoyez ce documentaire qui vous montre que, malheureusement, bien souvent, la réalité dépasse la fiction.
Les Médicamenteurs, (ou, le permis de tuer par le bénéfice-risque)
Rediffusion dimanche 21 juin à 21h29 et le 2 juillet 00h19.
Une attaque en règle aux conclusions édifiantes. Exemple pris avec le tristement célèbre Vioxx®, vanté pour son efficacité contre l’arthrose et la polyarthrite rhumatoïde. Les ventes explosent jusqu’en 2005, date à laquelle il est brutalement retiré du marché. En cause ? Des effets secondaires graves et parfois mortels : près de 30 000 personnes sous traitement succomberont à un accident cardio-vasculaire…
Si ce scandale a marqué les esprits, il n’a pas pour autant mis fin aux pratiques douteuses des géants pharmaceutiques.
Essais cliniques tronqués, publications médicales biaisées, experts rétribués, marketing forcené, médecins harcelés…
Tout est bon pour vendre un médicament.
Pour illustrer sa démonstration, le documentaire a l’excellente idée de mettre en scène de drôles de bonshommes en forme de gélules. Tous habitent la ville-médicaments de Pharmacity. Les auteurs embarquent le spectateur dans une visite des lieux fort instructive. Chaque étape est l’occasion de détailler la chaîne de fabrication du médicament, depuis les premiers essais cliniques jusqu’à sa commercialisation. En interviewant sans ménagement les différents acteurs du secteur de la santé, les enquêteurs réussissent à mettre au jour les défaillances des divers organismes de contrôle. Loin d’assurer leur rôle de garde-fous, ils participent à alimenter les appétits des labos. Illustration avec l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Cette autorité délivre entre autres les autorisations de mise sur le marché (AMM). Sa « première priorité est la régulation du marché et de la santé des firmes pharmaceutiques, et non la santé des hommes », affirme le rédacteur en chef de Prescrire, seule revue médicale à pouvoir se targuer d’être indépendante. Et pour cause : le budget de la commission d’AMM est alimenté à 80 % par les laboratoires. Et ses experts n’ont pas meilleure réputation. Ils collectionneraient des contrats avec les entreprises dont ils sont censés évaluer les produits. Difficile dans ces conditions de rendre des décisions en toute indépendance…